Evergreen et les dérives du progressisme
Antoine Meillet
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Antoine Meillet
Linguiste occidental – XXe siècle
| Naissance | à Moulins (Allier) |
|---|---|
| Décès | (à 69 ans) à Châteaumeillant |
| Nationalité |
| Formation | Université de Paris et faculté des lettres de Paris |
|---|
| Profession | Linguiste (d), professeur, arménologue (d) et lexicographe (d) |
|---|---|
| Employeur | Collège de France (- |
| Approche | Linguistique comparée |
|---|---|
| Idées remarquables | épithète homérique |
| Œuvres principales | Introduction à l'étude comparative des langues indo-européennes (1903) Aperçu d'une histoire de la langue grecque (1913) Dictionnaire étymologique de la langue latine (1932) |
| Distinctions | Prix Volney () et ordre national de la Légion d'honneur |
| Membre de | Académie des sciences de l'URSS (en), Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, Académie américaine des arts et des sciences, Académie des sciences de Russie, Académie des inscriptions et belles-lettres et Académie royale néerlandaise des arts et des sciences |
|---|
Sommaire
Biographie
D'origine bourbonnaise, fils d'un notaire de Châteaumeillant (Cher), il fait ses études secondaires au lycée de Moulins.Étudiant à la faculté des lettres de Paris à partir de 1885 où il suit notamment les cours de Louis Havet, il assiste également à ceux de Michel Bréal au Collège de France et de Ferdinand de Saussure à l'École pratique des hautes études. Il assure à la suite de Saussure le cours de grammaire comparée, qu'il complète à partir de 1894 par une conférence sur l'iranien.
En 1897, il soutient sa thèse pour le doctorat ès lettres (Recherches sur l'emploi du génitif-accusatif en vieux-slave). En 1905, il occupe la chaire de grammaire comparée au Collège de France, où il consacre ses cours à l'histoire et à la structure des langues indo-européennes. Il succéda au linguiste Auguste Carrière à la tête de la chaire d'arménien à l'École des langues orientales1.
Secrétaire de la Société de linguistique de Paris, il est élu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1924.
Il a formé toute une génération de linguistes français, parmi lesquels Émile Benveniste, Marcel Cohen, Georges Dumézil, André Martinet, Aurélien Sauvageot, Lucien Tesnière, Joseph Vendryes, ainsi que le japonisant Charles Haguenauer. Antoine Meillet devait diriger la thèse de Jean Paulhan sur la sémantique du proverbe et c'est lui qui découvrit Gustave Guillaume.
Il a influencé aussi un certain nombre de linguistes étrangers. Il a également été le premier à identifier le phénomène de la grammaticalisation.
Meillet est un grand précurseur [archive] selon Walter Porzig.
Par exemple, Meillet écrit: « les limites des diverses langues tendent à
coïncider avec celles des groupes sociaux qu’on nomme des nations ;
l’absence d’unité de langue est le signe d’un État récent, comme en
Belgique, ou artificiellement constitué, comme en Autriche » et dans les
dialectes indo-européens Meillet montre que les groupes indo-européens
sont le résultat historique d'une variation diatopique.
L’acte de naissance de la sociolinguistique est signé par Antoine
Meillet fondateur de la sociolinguistique qui s’est opposé au Cours de
linguistique générale de Ferdinand de Saussure dès son apparition en 1916 en le critiquant sur plusieurs plans.
Études arméniennes
- 1890, une mission de trois mois dans le Caucase lui permet d'apprendre l'arménien moderne.
- 1902, il obtient la chaire d'arménien de l'École des langues orientales.
- 1903, nouvelle mission en Arménie russe, il publie son Esquisse d'une grammaire comparée de l'arménien classique, qui demeure une référence en linguistique arménienne et indo-européenne jusqu'à ce jour. L'un de ses étudiants, Hratchia Adjarian,
devient le fondateur de la dialectologie arménienne. C'est également
sous les encouragements de Meillet qu'Émile Benveniste étudie la langue
arménienne. - 1919,
il est cofondateur de la Société des études arméniennes avec Victor
Bérard, Charles Diehl, André-Ferdinand Hérold, H. Lacroix, Frédéric
Macler, Gabriel Millet, Gustave Schlumberger. - 1920, le 19 janvier, il crée la Revue des études arméniennes avec Frédéric Macler.
Études homériques
À la Sorbonne, Meillet surveille le travail de Milman Parry.En 1923, un an avant que Parry ne commence son travail avec Meillet,
celui-ci écrit (cité dans la première des deux thèses de Milman Parry, à
savoir celle qui traite de l'épithète homérique) :
« L'épopée homérique est entièrement composée de formules, transmiseMeillet offre à son étudiant l'opinion, nouvelle à cette époque, que la structure formulaïque de l'Iliade
de poète en poète. Un examen de n'importe quel passage révélera vite
qu'il est fait de vers et de fragments de vers qui sont reproduits mot
pour mot dans un ou dans plusieurs autres passages. Et même des vers,
dont les parties ne se retrouvent pas dans un autre passage, ont le
caractère d'une formule, et c'est sans aucun doute par un pur hasard
qu'ils ne sont pas attestés ailleurs. »
serait une conséquence directe de sa transmission orale. Ainsi, il le
dirige vers l'étude de l'oralité dans son cadre natif et lui suggère
d'observer les mécanismes d'une tradition orale vivante à côté du texte
classique (l'Iliade) qui est censé résulter d'une telle tradition. En conséquence, Meillet présente Parry à Matija Murko, savant originaire de Slovénie qui avait longuement écrit sur la tradition héroïque épique dans les Balkans, surtout en Bosnie-Herzégovine2. Par leurs recherches, dont les résultats sont à présent hébergés par l'université de Harvard, Parry et son élève, Albert Lord, ont profondément renouvelé les études homériques.
Principaux ouvrages
- Esquisse d'une grammaire comparée de l'arménien classique, 1903.
- Introduction à l'étude comparative des langues indo-européennes, 1903 (1re éd.), Hachette, Paris, 1912 (3e éd.)3.
- Les dialectes indo-européens, 1908.
- Aperçu d'une histoire de la langue grecque, 1913.
- Altarmenisches Elementarbuch, 1913.
Heidelberg (en français : Manuel élémentaire d'Arménien classique,
traduction de Gabriel Képéklian, Limoges, Lambert-Lucas, 2017 (ISBN 978-2-35935-094-4)) - Linguistique historique et linguistique générale, 1921 (le tome II est paru en 1936 ; les deux tomes ont été réunis chez Lambert-Lucas, Limoges, 2015).
- Les origines indo-européennes des mètres grecs, 1923.
- Traité de grammaire comparée des langues classiques, 1924 (avec Joseph Vendryés).
- La méthode comparative en linguistique historique, 1925, Oslo, Instituttet for Sammenlignende Kulturforskning (réimpr. Paris, Champion, 1954).
- Esquisse d'une histoire de la langue latine, Paris, Klincksieck, (ISBN 2-252-01871-2).
- Dictionnaire étymologique de la langue latine, 1932 (en collab. Avec Alfred Ernout (1879-1973), éd. augmentée, par Jacques André (1910-1994), Paris : Klincksieck, 2001, (ISBN 2-252-03359-2) (notice BnF no FRBNF37707942)
- Meillet en Arménie, 1891, 1903, Journaux et lettres publiés par Francis Gandon, Limoges, Lambert-Lucas, 2014, (ISBN 978-2-35935-071-5).
Notes et références
- Institut National des Langues et Civilisations Orientales [archive]
- Mathias Murko, La poésie populaire épique en Yougoslavie au début du XXe siècle (Paris: Champion, 1929); Albert Lord, The singer of tales (Cambridge, Mass.: Harvard University Press, 1960), p. 11-12; Andrew Dalby, Rediscovering Homer (New York, London: Norton, 2006. (ISBN 0-393-05788-7)), p. 186-187.
- Cet ouvrage, ainsi que l'Aperçu d'une histoire de la langue grecque ont fait l'objet d'une critique par Lucien Febvre, Antoine Meillet et l'histoire, La Grèce ancienne à travers l'histoire, Revue de synthèse historique, 1913, p. 4-93, rééditée dans Lucien Febvre, Vivre l'histoire, coll. Bouquins, Robert Laffont/Armand Colin, Paris, 2009, p. 136-145.
Voir aussi
Bibliographie
- Marc Décimo, Sciences et pataphysique, t. 2 : Comment la linguistique vint à Paris ?, De Michel Bréal à Ferdinand de Saussure, Dijon, Les Presses du réel, coll. Les Hétéroclites, 2014 (ISBN 978-2-84066-599-1).
- Anne-Marguerite Fryba, « Maurice Grammont, Antoine Meillet et l'institutionnalisation de la linguistique en France », Revue des langues romanes, no 105, , p. 503-517
- Charles de Lamberterie, « Milman Parry et Antoine Meillet », dans Françoise Létoublon (éd.), Hommage à Milman Parry. Le style formulaire de l’épopée homérique et la théorie de l’oralité poétique, Amsterdam, Gieben,
- Gabriel Bergounioux et Charles de Lamberterie, Meillet aujourd'hui, Louvain-Paris, Peeters, (ISBN 978-9-042-91743-9)
Articles connexes
Liens externes
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